L’Affaire Clearstream : le gouvernement en sortira-t-il vivant ?

12 mai, 2006 at 4:23 (France, Politique)

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement est mis en difficulte par l’affaire Clearstream. Tous les jours, de nombreux rebondissements, de nouvelles accusations, et une situation de plus en plus complexe. Tentons tout dabord de remettre un peu d'ordre dans l'histoire, puis nous reprendrons l’actualité.

L'histoire remonte à 1988, lorsque le groupe francais Thompson-CSF (maintenant Thalès) envisage la construction de six frégates pour Taiwan, à laquelle la Chine s'y oppose (on connait les relations entre la Chine et Taiwan), opposition relayéee par le ministre des affaires etrangères francais. Par le reseau Elf, des versements frauduleux se sont effectuès vers la Chine afin que celle-ci lève son opposition, chose faite en 1991. Les fregates sont vendues pour 2,8 milliards de dollars. On estime a 500 millions de dollars les fonds verses a de nombreuses personnalités, françaises ou chinoises par l'intermédiaire de comptes suisses notamment.

Passons les nombreux évènements qui suivirent, et qui se firent connaître sous le nom de l'affaire des frégates de Taiwan. Nous en arrivons à l'affaire Clearstream, ou plutot Clearstream 2. En effet, Clearstream a deja fait parler de lui auparavant, laissons donc l'affaire Clearstream 1. Clearstream, c'est un agent permettant des transferts de fonds au niveau européen surtout, entre différents comptes en banques et qui a été utilisé pour l'affaire des frégates de Taiwan. Les différentes enquètes judiciaires ont été bloquées par le secret défense à de nombreuses reprises, ce qui est sans doute lié à l’implication de personnalités importante, notamment dans les services français.

Un juge, M. Van Ruymbecke, qui s'occupait du dossier des fregates de Taiwan a reçu de nombreuses lettres anonymes ainsi qu'un CD-Rom en 2004 qui contenait une liste de comptes bancaires chez Clearstream mettant en cause de nombreuses personnalités notamment politiques et industrielles francaise dont Nicola Sarkozy. Il s'est avèré que ces lettres et le CD-Rom contienaient de fausses informations, c'est pourquoi le juge Van Ruymbecke s'est dit manipulé par le dénonciateur. Le denonciateur, surnommé le "corbeau", n'est pas encore connu et des accusations fusent de toutes parts au sujet de sa vraie identité.

C'est ainsi que le premier ministre Dominique de Villepin a été accusé d'avoir commandité l'affaire, pour discrediter notamment Nicolas Sarkozy, alors son plus grand rival politique (en 2004, lorsque les denonciations ce sont faites). Dominique de Villepin se retrouve quant à lui en difficulté, avec des sondages qui lui sont très défavorables. Dominique de Villepin a notamment commandé des enquetes au général Rondot afin de vérifier l'existence des comptes bancaires frauduleux.

Jacques Chirac est également mis en cause dans cette affaire. Aujourd'hui, le 12 mai, le journaliste Stéphane Denis, confident du général Philippe Rondot, a affirmé sur RTL qu'"il y a eu un contact ces derniers jours entre le president et le général Philippe Rondot".

Comme nous l'avons dit, cette affaire sucite de nombreux rebondissements. Depuis mercredi 10 mai, on remet en cause les déclarations du juge Van Ruymbecke, qui a avoué, suite à son interrogation par d'autres juges, avoir rencontré secrètement M. Jean-Louis Gergorin, ancien dirigeant d'EADS, l'un des principal accusé. Le général Rondot devrait quant à lui etre entendu la semaine prochaine.

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Jacques Chirac dément les rumeurs concernant M. Sarkozy et M. Villepin

6 mai, 2006 at 4:07 (France, Politique)

Le journal Le Monde, dans l’édition de ce samedi, annonçait que Jacques Chirac, dans un entretien avec le ministre de l’Intérieur, lui aurait parlé de la possibilité de sa nomination à Matignon pour le poste de Premier ministre, citant un chiraquien. Le Monde, qui est le journal à l’origine du battage médiatique autour de l’affaire Clearstream, et qui avait provoqué la montée en puissance de l’affaire le 4 mai en publiant de longs extraits de la déposition du général Rondot le 28 mars devant les juges.

Cependant, ces déclarations ont étés démenties par l’entourage du chef de l’Etat. Un proche du président aurait déclaré : « Il n’est pas question de remaniement. Pour le président, les choses sont claires : il fait une confiance pleine et entière à Dominique de Villepin et à son gouvernement pour conduire la mission qu’il lui a confiée au service des Françaises et des Français ».

Les critiques venant de l’opposition sont importantes. On se plaint, à gauche mais aussi à droite, de l’absence de communiqué de la part de Jacques Chirac ; « On ne l’entend pas », a déploré un député UMP. Le PS quant à lui réclame le départ pur et simple du gouvernement.

Domnique de Villepin, qui a conscience d’être dans une position très difficile, reste, comme a à son habitude, déterminé à poursuivre ses actions, son programme alors que sa popularité n’est pas à envier.

Sources: Reuters, LeMonde.fr

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